Mickey de la Cantada

Durant mon parcours photographique, j’ai été amené à découvrir de sacrés personnages.
Ils sont parmi nous, mais on ne les voit pas toujours.
Loin de toute prétention journalistique, j’ai eu envie de partager ces rencontres riches et unique.
Aujourd’hui, rencontre avec Mickey de la Cantada.
Je l’ai connu en septembre 2011, lorsque je venais photographier mes premiers spectacles dans son bar.
Il est le patron de la Cantada, bar rock et premier bar à absinthe de Paris.
Mais Mickey, c’est plusieurs vies et un parcours artistique qui laisse rêveur.

Raconte-moi un petit peu ton parcours artistique Mickey ?

Quand je suis arrivé à Paris, j’ai vécu dans le métro, à droite à gauche chez des potes et puis après j’ai découvert les squats.
J’étais fan de musique à l’époque de l’explosion du punk rock, mais le problème c’est que je n’avais pas une tune pour aller voir des concerts, alors je me suis dit “et si je les organisais moi-même ? Comme ça je pourrais les voir gratos”.
C’est comme ça que je me suis mis à organiser des concerts, via les contacts de copains et copines qui avaient de relations avec des groupes anglais pour les faire venir.
Les choses se sont enchaînées, j’en ai fait mon métier, j’ai dû organiser plus de 350 concerts en plus des tournées.
Après au niveau de mes goûts musicaux j’ai élargi mon registre, forcément, les choses évoluent, on ne peut pas écouter un seul style de musique toute sa vie.
Avec l’arrivée de l’indus je me suis mis à écouter aussi de l’indus, puis le speed metal, le trash métal, le death, le hardcore ou autre.
En même temps, à peu près dans les mêmes années où j’ai commencé à organiser des concerts, on s’est fait aborder, en fait il a abordé ma copine de l’époque, par Claude Berry sur le Bd de Belleville, parce qu’il cherchait le premier rôle féminin pour son film Tchao Pantin et il ne voulait pas une professionnelle au départ.
Au final, elle n’a pas voulu jouer dans le film, mais il nous a pris quand même comme directeurs artistiques.
C’est nous qui lui avons trouvé toute la figuration punk, puis après il venait nous chercher “tiens j’ai fait une décoration de squat, qu’est-ce que vous en pensez ? Etc.”
Par la suite ça nous a permis de pas mal travailler en figuration-castings : à l’époque, dans les années 80, il cherchaient des punks, ils cherchaient des skins, ils cherchaient des bikers, le problème était que soit ils avaient des faux et ça ne collait pas, ou ils avaient des vrais mais qui foutaient la merde.
Nous on se portait garants des figurants que nous ramenions, même si beaucoup étaient borderline, mais ils avaient besoin de tune et nous respectaient.
Du coup on a bien bossé, mais perso à un moment j’en ai eu marre des figurants parce que ça parle tout le temps et j’ai un pote qui s’est mis à la décoration, j’ai suivi et j’ai pas mal travaillé dans la déco, j’ai bossé sur « Monsieur Hire », le film de Gotainer « Rendez-vous Au Tas de Sable » etc..
Voilà, pour schématiser.

Est-ce que tu as fait toi-même de la musique ?

Oui, au début des Bérus j’ai été deuxième chanteur, après j’ai essayé de monter un groupe avec Schultz des Parabellum qui s’appelait Dissidents avec Riton des Garçons Bouchers et fin 80 début 90 j’ai joué un groupe hardcore qui s’appelait MST.


Comment en es-tu venu à la Cantada ?

A l’époque, on faisait tourner énormément de groupes.
A chaque fois qu’on sympathisait avec les artistes, on se demandait où aller boire un coup sympa, rock’n’roll.
Paris ville lumière disent les ricains !
On n’avait rien du tout ! Pas de bar métal, pas de bar rock, rien.
L’idée a germé, on s’est dit: tiens, ce serait bien qu’on monte un bar et comme ce serait le seul bar, ce serait aussi le coin où tout le monde viendrait pour avoir des informations pour les concerts et c’est comme ça qu’on a monté la première Cantada de 1992 à 1995.
Pour l’ouverture de la 1ère Cantada, c’est Chris Bailey des The Saints qui est venu jouer.
On a beaucoup travaillé avec les maisons de disques.
On a eu Madball , Agnostic Front, Sepultura, Rage Against The Machine, Suicidal Tendencies, Type O Negative…
Par la suite, on s’est séparé avec mes associés et j’ai continué dans l’organisation de concerts.
Tellement de gens m’ont demandé de rouvrir la Cantada, j’ai dit ok, je vais en rouvrir une, mais j’avais déjà mon idée.
Moi vendre de la bière pour vendre de la bière ça ne m’intéressait pas, je voulais proposer quelque chose de différent.
Bon, on aime bien tous la bonne musique (tant qu’à faire celle que tu écoutes, elle te plait, c’est donc de la bonne musique), mais il n’y a pas que ça dans la vie… On aime la bonne bouffe, la bonne baise, la bonne picole, on lit, on aime une certaine peinture, le cinéma et autres…
Alors pourquoi pas faire un truc où on peut faire des expos, des performances, mais aussi un endroit où faire découvrir un nouvel album qui vient de sortir ou un clip vintage que personne ne connait.
La Cantada c’est tout ça !


Pour terminer, pourquoi quand on s’écrit tu termines tes phrases par trois (…), pourquoi ?

Je ne sais pas, ça veut dire to be continued, la conversation pas terminée ou sous-entendu je ne vais pas réexpliquer…

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Cantada II

13 rue Moret

75011 Paris

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